Uriah Heep Swiss Suisse Romandie France
Uriah Heep

High and Mighty

Remastered Edition 1997

Castle Communication ESMCD 468


Sorti en novembre 1976, ceci est le dernier album où figure David Byron au chant. Rétrospectivement, il est très aisé de déceler les signes de crise au sein du groupe à cette époque. Il est d’abord très significatif d’entendre sur le titre d’ouverture, non pas la voix du chanteur historique, mais bien celle du bassiste du moment, l’immense John Wetton. Autre signe, tous les crédits d’auteurs sont attribués exclusivement à Ken Hensley ou co-signés sur deux exceptions avec Wetton. La créativité des autres membres semblent donc muselées et l’on peut très bien comprendre qu’il en résultera des frustrations insoutenables.

Pour la première fois de son histoire, le groupe produit lui-même « High and Mighty » contre l’avis du producteur original, Gerry Bron. Globalement, cet album semble plus léger (trop !), un son beaucoup plus mince, plus linéaire aussi. Léger, certes, mais alors quelle élégance ! Une élégance toute de finesse mélodique: les compositions sont excellentes (à l’exception de l’inutile auto-parodique rock « Make a little love » ou de l’énervant « Can’t keep a good band down »). Beaucoup de fans du moment ne suivront pas le groupe dans cette voie.

Vous aviez négligé « High and Mighty » à sa sortie ? Sachez qu’il est encore temps de découvrir ou de re-découvrir des titres tels que « Weep in silence », « Footprints in the snow » ou encore « The confession »: la qualité mélodique de ces perles sauront vous envoûter.

Un album mineur « High and Mighty » ? Nullement, seulement un peu atypique…

Uriah Heep

Return to Fantasy

Remastered Edition 1996

Castle Communication ESMCD 381

Novembre 1975, « Return to Fantasy » est publié dans le monde entier. Uriah Heep est devenu une institution planétaire, un des groupes rock les plus courtisé. Mais ce succès a un prix : Gary Thain, le bassiste de la formation dite « classique », complètement exténué par les incessantes tournées, lessivé et rongé par la drogue, est éjecté du groupe, incapable qu’il est de tenir désormais son rôle ; il ne s’en remettra jamais. Il est remplacé par John Wetton, bassiste et chanteur au pédigré impressionnant : Roxy Music, Family, King Crimson. Est-ce l’arrivée de Wetton ou une réaction salutaire du groupe à la tiédeur du précédent album « Wonderworld », le fait est que « Return to Fantasy » est un album brillant ! Une vitalité régénérante habite cet opus résolument rock. Les longues plages ont cédés la place à des titres plus courts, plus ramassés et plus efficaces. Ouverture magistrale avec le titre qui donne son nom à l’album: les claviers de Ken Hensley sont bien là, les cymbales de Lee Kerslake résonnent peut-être plus que d’habitude, un David Byron plus déterminé que jamais, lance « it’s our return to fantasy…fantasy…» soutenu par des chœurs en mode mineur qui donnent la chair de poule. Le ton est donné et les titres suivants ne vous donneront pas l’occasion de reprendre votre souffle. Les guitares de Mick Box se font plus volubiles et alignent quelques solos bien tranchants sur « Beautiful dream » ou encore « Devil’s daughter » dont une passe d’arme avec le moog de Mr Hensley. Il fallait une ballade pour respirer un peu, mais qui ne devrait pas faire descendre la chaleur des corps. L’album se termine idéalement sur le lyrique « A year or a day » : de l’émotion pure.

« Return to fantasy » est à ce jour l’album du groupe qui s’est le plus vendu et qui atteindra le meilleur classement dans leur pays d’origine, la Grande-Bretagne.

Cerise sur le gâteau sur cette réédition, le titre bonus « Shout it out » qui comporte un solo de Hammond parfaitement renversant. Il fallait le dire haut et fort.