Uriah Heep Swiss Suisse Romandie France
Uriah Heep

Demons and Wizards

Expanded De Luxe Edition 2003

Castle Music CMRCD 672

www.sanctuaryrecordsgroup.co.uk

Premier album sorti simultanément des deux côtés de l’Atlantique en mai 1972, « Demons and Wizards » est l’album de tous les superlatifs. Uriah Heep affiche ici le visage que l’on cherchera toujours à lui comparer

par la suite. Le déluge tellurique de l’album précédent, « Look At Yourself », laisse la place à des compositions le plus souvent épiques et généreusement lyriques. L’arrivée de Lee Kerslake et Gary Thain autour du noyau central de Box, Byron et Hensley, scelle la formation pour quelques albums prestigieux : on parlera de la formation classique. Sans être un album-concept, « Demons & Wizards » crée une identité unique: un monde fantastique où les textes de Ken Hensley sont porteurs de messages semblants sortis de quelque mythologie.

Le tempo lourd (« Rainbow Demon »), l’orgue oppressant («Circle of Hands ») , les harmonies vocales majestueuses (« Heepiennes » devrons-nous dire) (« The Spell ») ainsi qu’une pochette non-moins fantastique signée de Roger Dean propulsera le groupe dans le cercle fermé des stars mondiales du rock.

Deux titres extraits de « Demons and Wizards » entreront définitivement dans leur set live : « Easy livin’ » et « The Wizard ». Positivement magique.

Uriah Heep

The Magicians Birthday

Expanded De Luxe Edition 2003

Castle Music CMRCD 771

www.sanctuaryrecordsgroup.co.uk

Livret de 20 pages, reproduction fidèle de l’artwork, 8 bonus tracks (dont Crystal ball – Silver white man – Proud words – Echoes in the dark – Happy Birthday – Gary’s song)

Cinquième albums studio, mais également seconde livraison pour 1972. En effet, 6 mois seulement sépare « Demons and Wizards » de ce nouvel opus. Fort du succès de «Demons and Wizards », Uriah Heep garde le même concept globalement : on ne change pas une équipe qui gagne. C’est la première fois qu’un line-up est reconduit entièrement. Ken Hensley est à nouveau l’auteur principal (5 titres sur 8 sont de sa plume). Si la filiation est évidente avec l’oeuvre précédente, Uriah Heep affine ses compositions. « Sunrise » d’entrée affiche la couleur : orgue Hammond en intro et voix à l’unisson hautes perchées. Un levé du jour grandiose sur un monde imaginaire envoûtant. Les titres rapides (« Spider woman » ou « Sweet Lorraine ») alternent avec de splendides ballades acoustiques (le simple et bouleversant « Rain » où la voix de David Byron n’a jamais été aussi à fleur de peau) ou des compositions plus sophistiquées (« Echoes in the dark » ou le titre portant le nom de l’album).

La pièce maîtresse est sans aucun doute le titre « The Magician’s Birthday ». D’un durée de près de 11 minutes, ce track raconte la lutte et la victoire du Bien sur le Mal. La confrontation des deux protagonistes est illustrée ici par un duel implacable guitare/batterie que se livrent Mick Box et Lee Kerslake. On sort de ce morceau de bravoure « lessivé » mais comblé.

Un tuyau : allez vite voir Uriah Heep sur scène ou alors procurez vous le DVD/CD « The Magician’s Birthday party »,Mick et Lee remettent ça.

Plus tranchant dans son exécution, une production claire et débarrassée des quelques lourdeurs remarquées sur « Demons and Wizards », « The Magician’s Birthday » est un album que l’on écoute de bout en bout avec un bonheur inaltérable.

Uriah Heep

Live, January 1973

Expanded De Luxe Edition 2003

Castle Music CMDDD 772

www.sanctuaryrecordsgroup.co.uk

Cinq albums « studio » en 3 ans dexistence et voilà que débarque ce double live en 1973.

Un enregistrement public de légende tout de noir vétu, sobre et très classe. Cet album se vendra par millions scellant ainsi la rennomée mondiale du groupe. A cette époque, trop occupé à tourner ou à enregistrer de nouveaux albums, Uriah Heep na pas encore eu le temps de prendre du recul sur ce qui lui arrivait et les égos en présence nont pas encore suscités les luttes intestines à venir. Tous les membres du groupe tirent à la même corde et livrent ici une prestation brute où lénergie déployée impressionne. Trente ans plus tard, leffet est toujours saisissant et reste une expérience décoiffante : écoutez à (très) fort volume, of course ! « Look at Yourself », « Rocknroll medley » ou « Gypsy » (avec ce faux départ de Hensley à lorgue, comme sil ne pouvait plus se retenir, trop pressé de nous infliger son implacable déluge Hammondistique ), vous devriez en sortir complétement halluciné, mais ô combien heureux.

Le deuxième CD comporte des enregistrements « Live » de 1973 et 1974, certes intéréssants, mais tout de même un peu plus faible par la qualité de la prise de son.

« Live at Leeds », cétait les Who, « Made in Japan », Deep Purple, mais « Live 1973 », cest Uriah Heep et cet album fait partie, au même titre que ces prédécesseurs, des meilleurs albums LIVE du rock.

Uriah Heep

Sweet Freedom

Remastered Edition 1996

Castle Communication ESMCD 338


Enregistré durant l’été 1973 au Château d’Hérouville en France afin d’éviter des taxes jugées trop élevées en Grande-Bretagne, Uriah Heep, au sommet de leur art, livre encore une fois un album renversant. Avec des compositions plus concises et plus « rock » en règle générale, le groupe poursuit son évolution musicale en fusionnant cette fois le lyrisme développé dans Demons & Wizards et Magician’s Birthday avec une certaine idée d’un hard rock « intelligent » dirons-nous. Tous les ingrédients sont réunis : chœurs, Hammond omniprésent, guitare incisive, parfois saturée mais toujours parfaitement maîtrisée, rythmique appuyée sur une ligne de basse hyper-mélodique. Plus que ces 2 prédécesseurs de 1972, cet album s’écoute à haut volume. De l’énergie en barre. Pas réellement de ballade ici, mais plutôt une splendide pièce acoustique « Circus », guitare acoustique, percussion, voix souple et détendue de Byron… un régal sans limite. Le titre qui clôt l’album original, « Pilgrim » est un sommet de lyrisme psychédélique quasi baroque : la quintessence du style d’Uriah Heep poussé dans son dernier retranchement. On allait presque oublier que cet album contient peut-être le meilleur titre du groupe, à savoir « Stealin’ ». Et si cet album était tout bonnement le meilleur ?

Uriah Heep

Wonderworld

Remastered Edition 1996

Caste Communication ESMCD 380


Pour ce septième album studio, enregistré à Munich début 1974, Lee Kerslake, Gary Thain, Mick Box, David Byron et Ken Hensley apparaissent statufiés sur la pochette (!). Leur popularité est maintenant immense et planétaire. On sent qu’Uriah Heep veut aller encore plus loin, toujours plus haut. Est-ce le rythme soutenu des sorties d’album (7 en 4 ans !!!) et les tournées incessantes, ce LP semble moins inspiré, moins cinglant dans son interprétation. Attention qu’on ne s’y méprenne pas, il n’y a ici rien de mauvais. Simplement, la direction musicale, même si elle reprend les recettes qui ont fait le succès d’Uriah Heep, n’est pas claire. Le son est un peu plus « loose » : un titre rock comme « So tired » mériterait un traitement plus brut (moins fatigué !!!). Reste que des titres comme « Wonderworld » ou l’émouvante ballade « The easy road » sont de vrais bijoux sans oublier de mentionner des pièces comme « I won’t mind », un titre mid-tempo aux couleurs blues où la guitare wah-wah de Mick Box se taille la part du lion…encore encore….

: