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Une nuit avec Uriah Heep à l'Estivale Open Air d'Estavayer-le-Lac

Suite 2/3


Une journaliste du quotidien "La Liberté" est à la recherche de fans d'Uriah Heep de la première heure!

Martin est la personne qui lui faut! Ainsi Martin, avec l'appui d'Osy et moi-même, nous nous efforçons de faire comprendre à cette avenante journaliste, néophyte en matière de rock, les raisons de notre passion dévorante! Séance photo des trois Heepmaniacs pour une parution ce mardi 2 août!

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.................................................................de gauche à droite: Ozzy, François et Martin

Il est bientôt 22 heures et voyant que déjà nombre de festivaliers se pressent sur le devant de la scène dans l'attente d'Uriah Heep, les amis qui m'accompagnent et que j'avais un peu délaissés pour la famille Heep, proposent, comme tous bons fervents adeptes de rock music, de suivre le concert le plus en avant possible. Bonne idée! Let's Rock'n'Roll!

La nuit est tombée maintenant. A quatre mètres des barrières, dans une foule bien compacte, me voilà prêts pour l'événement.

Dans le noir le plus total, la musique d'intro envahit la scène (chant incantatoire à consonance bouddhiste!?!). On distingue Lee Kerslake se placer derrière ces fûts. Soudain, tout explose: "Blood red roses". Mick Box prend position sur la gauche, position qu'il ne quittera pratiquement pas tout au long du concert, tandis que Bernie, tel un diable sortit de sa boîte, se jette immédiatement au centre de la scène. Plus discrets, Trevor Bolder et Phil Lanzon sont pourtant bien là. La sono est bonne, même si je ne distingue, à mon goût, pas assez l'orgue.

Uriah Heep in full flight: pas d'échauffement pour eux, ils foncent têtes baissées dès le premier titre.

S'enchaînent "Cry freedom" et "So tired" du sous-estimé "Wonderworld". Mick Box attirent tous les regards: parce que c'est la figure légendaire d'Uriah Heep, mais aussi par sa présence, son jeu de scène tellement personnel. Il n'arpente pas la scène de long en large comme certains guitar hero. Non, Box est tout d'abord un musicien heureux qui arbore un sourire indéfectible trahissant ainsi un plaisir immense de faire ce qu'il fait. Il y a également son inénarrable gestuel de la main droite comme s'il sculptait quelque "sonic origami". Il n'est pas le plus rapide des guitaristes, ne possède pas la technique la plus audacieuse, non, mais il a développé son propre jeu, ce qui le rend totalement unique, original et irremplaçable.

Suit "Words in distance", puis "If I had the time". Bernie Shaw capte également les regards par l'énergie incroyable qu'il insuffle dans les compositions du groupe. Attitude, adoptant des positions certes rock, mais tout en positivisme. J'allais oublier: Bernie est un chanteur qui chante incroyablement juste, ce qui n'est pas l'apanage de tous les frontman du rock, loin s'en faut.

S'en suit " A year or a day" Une belle surprise pour moi qui tient cette chanson comme une des plus belles de leur répertoire entier. A la fin de chaque titre, les applaudissements fusent: le public est attentif et en veut encore beaucoup plus. "Between two world" est magistralement interprété et me fais dire que, même si les compositions de la formation actuelle ne sont pas toujours du niveau de celles de la période 70-75, il faut bien reconnaître que ce titre qui ouvre l'album "Sonic Origami" est parfaitement flamboyant.

Résonne les premiers accords de "Free Me" qui ne fait pas partie, loin s'en faut, de mes titres préférés. Je crains, un moment, le pire, mais c'est moi qui suit terrassé quand j'entends le public reprendre en chœur le refrain comme un seul homme (ou femme d'ailleurs). Laissant de côté mes préjugés et mes réserves, j'entonne joyeusement "Free me".

C'est bien la pop, mais le rock, c'est encore mieux: "Sunrise" déboule, suivit du eighties "The others side of midnight"… le public chauffe de plus en plus, et dès que retentit le riff d'intro de "Gypsy" les poings se lèvent, les têtes "headbang" et les corps se bougent. On est au cœur des classiques d'Uriah Heep: "Look at yourself", "July Morning" et "Easy Livin' " s'enchaînent: l'audience est ravie et exulte.